J'ai grandi sur l'eau. La planche à voile, les étés au chalet, le vent et le lac, c'était mon terrain de jeu. En 2014, quand j'ai essayé le SUP pour la première fois, ce n'était pas une découverte. C'était un retour à la maison, mais debout, avec une pagaie, et sans avoir besoin du vent.
C'est ma meilleure amie, la sœur que j'ai choisie (inquiétez-vous pas, personne à insulter ici, j'ai seulement deux frères extraordinaires, mais pas de sœur), Christine O'Gallagher, fitness enthousiaste et celle qui bouge avant même que t'aies fini ton premier café, qui m'a tendu ma première pagaie. Chez elle, sur le magnifique lac que je ne nomme jamais, parce que c'est mon secret bien gardé.
En 2016, j'ai acheté ma première flotte de planches pour donner des cours en groupe. Puis j'ai obtenu ma certification d'instructrice de SUP avec Paddle Canada, l'organisme national de référence en paddling au pays. Et le reste, c'est l'histoire.
Au fil des années, j'ai eu la chance d'enseigner dans des endroits qui me ressemblent. Sur la rivière Magog (qui a tant besoin d'amour) en cours privés et en groupe. Au lac Massawippi avec Alex Turcotte , avec qui je partage une grande passion pour l'eau. Et au Spa Eastman, où j'ai donné plusieurs retraites wellness sur planche à pagaie, dans un endroit magique et parfait pour les débutants.
Une histoire qui a traversé des bouts difficiles aussi. Un diagnostic de cancer, et la planche, l'eau, le coup de pagaie ont été parmi les choses qui m'ont aidée à passer au travers. Pas parce que c'est magique. Parce que quand tu es debout sur l'eau, tu es obligé·e d'être là. Juste là. Et ça, ça change tout.
C'est pour ça que j'écris cet article. Pour donner le goût aux gens de jouer sur l'eau, sans moteur, sans bruit, juste toi, ta planche, la nature et l'eau.
Mes raisons pour pratiquer ce sport :
1. Debout sur l'eau, pour voir tout ce qui se passe en dessous
C'est la première chose que je dis à mes élèves. Dans un kayak, dans un canot, dans un bateau à moteur, tu vois l'eau au loin. Tu es assis·e. Mais debout sur une planche, tu vois dans l'eau. La vie qui s'y passe. Les herbes aquatiques, les poissons, les reflets. Et malheureusement, parfois, ce qui la blesse.
C'est simplement magique. Et ça change complètement comment tu vois nos cours d'eau, pour toujours.
2. Un gym flottant, cardio, musculaire, yoga, méditation. Tout sur une seule planche.
Aucun autre outil ne fait autant de choses à la fois. Sur ta planche, tu peux faire un entraînement musculaire ciblé, un workout cardio intense, une session de SUP yoga, ou pagayer doucement en regardant l'horizon. Dans tous les cas, ton corps travaille, bras, dos, épaules, abdominaux, jambes, et oui même les fessiers. C'est un entraînement complet, que tu t'en rendes compte ou non.
💡 Même en pagayant doucement pour le plaisir, quand tu utilises tes muscles dans l'heure qui suit un repas, ils absorbent le glucose de ton sang pour l'utiliser comme énergie. Jessie Inchauspé, la Glucose Goddess, le confirme: "Bouger ses muscles dans l'heure qui suit un repas suffit pour réduire significativement le pic de glycémie". Une sortie SUP après le lunch ou le souper ? C'est exactement ça.
3. Tu t'entraînes sans t'en rendre compte, dans un environnement qui fait du bien
Tu n'as pas besoin d'utiliser la planche comme outil d'entraînement pour en tirer tous les bénéfices. Tu pagaies doucement, tu t'arrêtes, tu laisses dériver. Et sans t'en rendre compte, tu viens de faire une heure d'activité physique complète, dans un environnement qui fait du bien à ton système nerveux en même temps.
Le Dr Wallace J. Nichols, biologiste marin, auteur de Blue Mind et instigateur du Blue Mind Movement (mouvement auquel j'adhère complètement), a documenté que le simple contact avec l'eau réduit l'anxiété, abaisse le rythme cardiaque et stimule la créativité. Deux heures par semaine sur un plan d'eau suffisent pour ressentir une amélioration réelle du bien-être. Deux heures. Une sortie SUP. C'est tout.
Sources : Blue Mind, Dr Wallace J. Nichols · Université de Vienne, Dr Mathew White · PubMed 2025, Systematic Reviews
4. Accessible à tous, vraiment. Même à ceux qui doutent le plus.
En enseignant depuis 2016, j'ai appris une chose : ce sport est accessible à des gens que personne, pas même eux, croyait capables. Des gens qui avaient peur de l'eau. Peu d'équilibre. Peu d'énergie. Des personnes en récupération, des aîné·es, des enfants, des gens qui traversaient des moments difficiles de santé.
La clé ? La bonne planche. Plus elle est large (32 à 34 pouces) et longue, plus elle est stable. Tu peux débuter à genoux, te lever progressivement. Il n'y a aucun prérequis.
💡 Mon conseil : commence avec une planche 10'6" x 32" en eau calme. La stabilité va te surprendre.
5. Ton rythme, ton intensité. Zéro pression.
Besoin de calme ? Tu dérives, tu t'allonges sur la planche, tu regardes le ciel. Besoin de te dépenser ? Tu te fixes un objectif et tu pousses. Aucune performance imposée, aucun rythme de groupe à suivre. C'est toi, l'eau, et l'heure qui passe sans que tu la voies.
Et en prime, zéro émission. Aucun moteur, aucune pollution. Le moyen de transport nautique le plus respectueux qui soit.
6. Petit à petit, tu deviens gardien de ce que tu vois.
Sur ta planche, tu vois ce qui se passe sous la surface. La vie aquatique. Et malheureusement, la pollution aussi, les déchets entre les roches, les zones où l'eau change de couleur, là où elle a plus de difficulté. Cette perspective unique transforme les pratiquants en observateurs, et les observateurs en gardiens.
Parce que plus on joue sur l'eau, plus on apprend à l'aimer, plus on veut la protéger et surtout respecter cette ressource si précieuse. C'est ça mon WHY. Je sais, je sais, ce petit mot est sur-utilisé mais ici il fait tout son sens.
💡 Geste essentiel : rince toujours ta planche à l'eau douce entre deux plans d'eau, pour éviter de transporter des espèces aquatiques envahissantes d'un lac à l'autre.
Et en bonus...
La planche à pagaie couvre les 5 piliers du wellness
Tu connais le World Wellness Weekend ? Ce mouvement mondial reconnaît 5 piliers fondamentaux pour vivre mieux : le mouvement, la pleine conscience, la nutrition, le sommeil et le sens du but.
La planche à pagaie les couvre tous les cinq.
Le mouvement, c'est évident. La pleine conscience, être debout sur l'eau t'oblige à être là, juste là. La nutrition, pagayer dans l'heure qui suit ton repas stabilise ton glucose. Le sommeil, parce que l'exercice sur l'eau régule le système nerveux et en améliore naturellement la qualité. Et le sens du but, c'est voir ce qui se passe sous ta planche et décider que ça te concerne.
Un seul sport, Cinq piliers, I rest my case.
L'eau t'attend. Que tu aies grandi à ses côtés ou que tu n'aies jamais mis les pieds sur une planche, il y a une sortie pour toi. Que tu traverses un moment difficile ou que tu cherches juste une façon différente de bouger, l'eau a surement quelque chose à t'offrir, vas juste l'essayer tu comprendras.
- 6 juin
Le SUP - Planche à pagaie : un gym flottant pour le corps, une thérapie naturelle pour l'esprit
- Nathalie Roy